Trois piliers du ministère envers les enfants

Dieu est le personnage central de tout ce que nous enseignons

Implications de l'église

18 principes pour guider votre église locale dans ses réflexions

Une Vision du Ministère auprès des Parents et des Enfants

« Il a fixé une règle en Jacob, établi une loi en Israël, et il a ordonné à nos ancêtres d’enseigner tout cela à leurs enfants, afin que la génération suivante, celle des enfants qui viendront à naître, puisse l’apprendre et se lève à son tour pour l’enseigner à ses propres enfants, afin qu’ils placent leur confiance en Dieu, qu’ils n’oublient pas les hauts faits du Dieu fort et qu’ils observent ses commandements, qu’ils ne ressemblent pas à leurs ancêtres, génération indocile et rebelle, génération au cœur trop inconstant, dont l’esprit n’était pas fidèle à Dieu. » (Psaumes 78.5-8)

Voici l’un des passages qui peut nourrir notre enthousiasme pour le ministère auprès des parents et des enfants et renforcer notre désir de voir nos enfants nous surpasser dans la foi, la connaissance, la justice, les fruits qu’ils portent, le zèle pour l’Évangile et l’engagement pour l’évangélisation du monde. Comme le psalmiste, nous espérons que la jeune génération tirera des leçons des erreurs et de la rébellion de ses aînés pour mettre résolument son espoir en Dieu. Quelle bénédiction ce serait pour nous ! Comme Jean le dit, « Je n’ai pas de plus grande joie que d’apprendre que mes enfants vivent selon la vérité » (3 Jean 1.4).

Nous sommes convaincus que nous pouvons faire beaucoup pour nourrir la foi des enfants qui nous ont été confiés. En voyant le programme de vie que le monde leur propose, nous ressentons une extrême urgence à faire en sorte que les parents chrétiens et l’église leur offrent un programme de vie où Dieu tient la première place. Nos attentes pour les enfants doivent être plus grandes que celle que le monde a pour eux. Qu’on ne dise jamais que nous nous contentons de regarder passivement le monde les façonner.

Au contraire, que Dieu puisse nous utiliser à les aider activement à devenir des hommes et des femmes de foi qui connaissent Dieu, ses attributs glorieux et sa gloire infinie. Nous souhaitons qu’ils soient des disciples fidèles de Christ, qui aiment la Bible, qui affirment sa valeur infaillible et qui grandissent dans leur aptitude à comprendre, exprimer et défendre ce qu’elle enseigne. Nous souhaitons qu’ils puissent apprendre à adorer le Seigneur aussi bien avec leur tête qu’avec leur cœur, qu’ils nourrissent leur vie de prières, qu’ils grandissent dans la foi et qu’ils gagnent les perdus !

La faiblesse du niveau des attentes que l’on a du ministère auprès des enfants dans l’église d’aujourd’hui nous préoccupe. L’un des courants les plus répandus est formulé ainsi par beaucoup de responsables du ministère auprès des enfants : « les enfants doivent bien s’amuser à l’église. Ils doivent y faire des expériences positives pour qu’en grandissant, ils continuent à aimer y venir ». C’est une bonne chose, nous pensons aussi que les enfants doivent s’amuser à l’église. Mais ce n’est pas l’étendard que nous voulons élever dans le ministère auprès des enfants.

Avec une ferme détermination qui dépend de Dieu et qui l’exalte, nous voulons que notre église ait pour but de susciter chez nos enfants un amour passionné pour leur Dieu qui est souverain en toute chose. Pour leur bonheur et pour le nôtre, nous voulons les voir grandir dans la foi en sachant comment vivre dans l’espérance par la foi. Nous croyons qu’il est possible de viser ce but tout en procurant du plaisir aux enfants.

Imaginez que nous affirmions clairement que notre vision pour les enfants est qu’ils s’amusent bien à l’église. Imaginez que nous affirmions ouvertement que, ce que nous voulons, c’est qu’ils s’y sentent à l’aise afin qu’ils y participent et continuent d’y venir quand ils seront plus âgés. Cela n’aurait pas de sens ! Pourtant, c’est bien ce qui est généralement sous-entendu dans bien des églises – si ce n’est exprimé – lorsque l’on évoque un ministère pour les enfants. Le niveau élevé de la prédication, de l’enseignement et de la louange, la proclamation des caractères de Dieu dimanche après dimanche, font de l’église un lieu de ressourcement qui édifie et consolide la vie de ses membres. La bonne entente entre frères et sœurs de l’église, les temps réservés à la distraction et à l’amitié sont importants, mais ils doivent rester secondaires.

Notre but est de positionner le ministère pour les enfants au même niveau que tout autre ministère de l’église. Nous voulons mettre autant de détermination, de passion et de sérieux dans la transmission de notre compréhension de Dieu à la jeune génération, que nous le faisons pour les adultes. Nous voulons poursuivre cette ambition pour nos enfants, non seulement dans notre discours, mais aussi par le choix du programme que nous utilisons, par la manière dont nous recrutons et formons les moniteurs et par la façon dont nous choisissons ou concevons les programmes pour les enfants et les jeunes.

L’enseignement des enfants doit être centré uniquement sur Dieu ; il doit être biblique et en accord avec ce que nous enseignons aux adultes. Les moniteurs doivent prendre leur appel très au sérieux et être motivé par ce que nos enfants pourraient devenir avec ou sans Dieu. Ils peuvent s’investir avec joie car ils savent qu’ils répondent à un appel de Dieu et non à une obligation ou à un devoir.

Prions de tout notre cœur pour que toute l’énergie, la créativité et les ressources divines nécessaires soient déversées sur nos assemblées afin d’édifier les enfants et les jeunes dans la foi. Faisons tout notre possible pour que l’église et les familles travaillent en partenariat pour nourrir la foi de leurs enfants.

Notre désir est que les enfants et les parents trouvent à l’église un véritable festin pour qu’ils puissent en remporter chez eux le trop plein pour la semaine. Comme Jésus, nous espérons qu’à la fin de notre vie, lorsque nous repenserons à notre implication dans la vie des enfants, nous pourrons dire :

« car je leur ai transmis fidèlement le message que tu m’avais confié ; ils l’ont reçu. […] Je te prie pour eux. […] Aussi longtemps que j’étais parmi eux, je les ai gardés par le pouvoir de ton nom, ce nom que tu m’as donné ; […] Je leur ai donné ta Parole, et le monde les a pris en haine parce qu’ils ne lui appartiennent pas, comme moi-même je ne lui appartiens pas. Je ne te demande pas de les retirer du monde, mais de les préserver du diable. Ils n’appartiennent pas au monde, comme moi-même je ne lui appartiens pas. Consacre-les par la vérité. Ta Parole est la vérité. Comme tu m’as envoyé dans le monde, moi aussi je les y envoie. […] Je t’ai fait connaître à eux […] (Jean 17.8-26).

 

Trois piliers du ministère envers les enfants et la famille

La philosophie de l’église doit s’appuyer sur ces trois piliers qui sont tirés du livre du Deutéronome, le livre où Moïse donne ses dernières instructions à Israël. Les chapitres quatre et six livrent les caractéristiques bibliques qui composent ces trois piliers :

 

1. Dieu doit être au centre de l’éducation des enfants

Moïse énonce très clairement trois choses :

 

a) Dieu est le but de notre enseignement

« que tu respectes l’Éternel ton Dieu en obéissant toute ta vie à toutes ses ordonnances et à tous ses commandements que je te transmets. Ils sont pour toi, pour tes fils et pour leurs descendants » (Deutéronome 6.2).

« Écoute, Israël, l’Éternel est notre Dieu, il est le seul Éternel. Tu aimeras l’Éternel ton Dieu de tout ton cœur, de toute ton âme et de toute ta force » (Deutéronome 6.4-5).

 

b) Dieu est la source de tout enseignement

« mais vous aurez soin d’obéir aux commandements, aux lois et aux ordonnances que l’Éternel votre Dieu vous a donnés. Tu feras ce que l’Éternel juge juste et bon » (Deutéronome 6.17-18a).

 

c) Dieu est le personnage central de tout ce que nous enseignons

« Il a accompli sous nos yeux des signes miraculeux et de grands prodiges pour le malheur de l’Égypte, du pharaon et de tous ceux de son entourage. Mais nous, il nous a fait sortir de là » (Deutéronome 6.22-23a).

Alors que la plupart des parents et des enseignants chrétiens affirment dans leurs paroles que Dieu est au centre de toutes choses, ils négligent d’enseigner et d’éduquer leurs enfants de façon à leur permettre de discerner et de comprendre cette vérité. Pourtant tellement essentielle, souvent cette vérité ne saute pas aux yeux dans les ressources mises à disposition des parents et des enseignants. La place centrale de Dieu doit être le leitmotiv de toutes nos formes d’enseignement, si diverses soient-elles. Il faut aider les jeunes disciples à voir, de manière concrète, que Dieu est impliqué dans tous les aspects de leur vie sans exception. Nous devons les aider à comprendre que le but ultime de Dieu est, en toute chose, sa gloire.

 

2. Les enfants doivent apprendre à aimer et à craindre l’Éternel

« que tu respectes l’Éternel ton Dieu en obéissant toute ta vie à toutes ses ordonnances et à tous ses commandements que je te transmets » (Deutéronome 6.2).

« Écoute, Israël, l’Éternel est notre Dieu, il est le seul Éternel. Tu aimeras l’Éternel ton Dieu de tout ton cœur, de toute ton âme et de toute ta force » (Deutéronome 6.4-5).

Élever fidèlement ses enfants dans la foi, être actif dans l’église, être dans une église qui cherche assidûment à enseigner et équiper les familles, ne garantit pas la foi d’un enfant. Aucun enfant, ni aucun adulte ne peut venir à Jésus sans que le Père ne l’y attire. Aucun parent ne peut espérer voir son enfant sauvé sans que Dieu n’intervienne pour le régénérer et changer son cœur de pierre en cœur de chair.

Pourtant, nous avons reçu le commandement d’enseigner nos enfants à craindre le Seigneur et à l’aimer. L’église et la famille offrent un cadre dans lequel Dieu peut agir pour sauver leurs cœurs. Si notre obéissance à Dieu et notre fidélité – en tant que parents – ne sauvent pas nos enfants de la colère de Dieu, elles sont souvent le moyen qu’il utilise pour le faire. De même, si notre désobéissance et notre infidélité – en tant que parents – ne condamnent pas nécessairement nos enfants mais elles ouvrent souvent le chemin vers lequel ils courent à leur perte. Dieu a donné aux parents la responsabilité de familiariser leurs enfants avec la Parole de Dieu et la vie de foi. Dieu est encore plus concerné que nous-mêmes par notre réussite dans ce domaine, c’est pourquoi il tient à notre disposition toutes ses ressources célestes pour le faire. En tant que parents et en tant qu’assemblée, nous devons persévérer dans l’enseignement des enfants, et leur apprendre « à craindre l’Éternel et à observer toutes ses lois et tous ses commandements et à aimer le Seigneur de tout [leur] cœur. »

Il est facile de se contenter d’enseigner les lois et les commandements de façon à ce que l’enfant soit capable de les mémoriser et de les répéter. Il est possible de lui enseigner à se conduire d’une certaine manière, et de lui faire adopter un comportement d’apparente dévotion. Mais ce n’est pas notre but. Notre plus grand défi est celui de réussir à enseigner la crainte de Dieu et l’amour de Dieu au sens biblique de ces termes.

Nous ne voulons pas seulement que nos enfants connaissent la vérité mais qu’ils l’acceptent avec tout leur coeur pour qu’il ne soit pas dit d’eux :

« ils connaissent Dieu, ils ont refusé de lui rendre l’honneur que l’on doit à Dieu et de lui exprimer leur reconnaissance » (Romains 1.21).

ou

« Certes, ils prétendent connaître Dieu, mais ils le renient par leurs actes, car ils sont détestables, rebelles et se sont disqualifiés pour toute œuvre bonne » (Tite 1.16).

Nos enfants peuvent penser connaître tout de Dieu, connaître une multitude d’histoires de la Bible, en avoir appris par cœur des passages entiers et pourtant, ne pas l’honorer, ni avoir de communion avec lui. On peut vivre en sachant qui est Dieu sans jamais le rencontrer, jusqu’au jour où on le verra de ses yeux, assis sur le trône du jugement, et on l’entendra dire, « Je ne vous ai jamais connus ! Allez-vous-en, vous qui pratiquez le mal ! » (Matthieu 7.23).

Quand nous enseignons à des enfants, nous devons viser aussi bien leur cœur que leur tête. Bien que la plupart d’entre nous en soyons convaincus, nous estimons que nous devrions accentuer nos efforts pour rehausser le niveau des attentes des parents et des moniteurs sur ce que Dieu est capable de faire dans le cœur d’un enfant avec les vérités qu’il a entendues.

Le programme et les méthodes pratiques d’enseignement peuvent aider les parents et les moniteurs, mais ils seront en grande partie sans effet s’ils ne travaillent pas sur trois points essentiels.

a) Pour nourrir la foi des enfants, il faut tout d’abord que les parents et les moniteurs aiment eux-mêmes Dieu et sa Parole. Comment pourraient-ils enseigner ce qu’ils n’ont pas vécu ? Il est peu probable que les enfants se passionnent pour Dieu si ceux qui les enseignent ne le sont pas. Il ne deviendra une réalité pour eux que s’il est une réalité pour nous. Si Dieu n’est pas présent dans la vie des parents et des enseignants, s’ils ne le chérissent pas et ne respectent pas sa Parole, comment pourraient-ils transmettre un véritable amour de Dieu et de sa Parole ? De ce fait, pour le bien de leurs enfants, la première tâche des parents et des enseignants est de s’appliquer à garder vivants leur propre cœur.

b) Il est plus facile de cultiver un amour sain et une saine crainte de Dieu chez des enfants qui ont un amour sain et une saine crainte de leurs parents. Pour des enfants qui défient l’autorité de leurs parents et leur résistent, il est très difficile d’apprendre à honorer Dieu. Il est très difficile d’instiller un profond respect de Dieu et l’humilité qui en découle si l’on tolère que les enfants soient irrespectueux avec leurs parents et les adultes en général. Dans l’église, nous devons nous efforcer d’aider les parents à se montrer ferme. Malheureusement, la permissivité, encouragée et enseignée par la culture de notre temps, envahit nos églises et nos assemblées. Elle ne rend pas seulement la vie difficile aux moniteurs et aux parents, elle est une menace de destruction pour nos enfants. « Corrige ton fils tant qu’il y a encore de l’espoir, mais ne va pas jusqu’à désirer sa mort » (Proverbe 19.18).

c) Nous pouvons être des modèles, enseigner et discipliner, encourager les enfants à répondre à l’appel de Dieu, mais seul le Saint-Esprit peut changer efficacement leur cœur. Donc, dans tout ministère auprès des enfants et de leurs parents, priorité doit être donnée à l’intercession.

 

3. Les parents sont responsables du « discipulat » de leurs enfants

« que tu respectes l’Éternel ton Dieu en obéissant toute ta vie à toutes ses ordonnances et à tous ses commandements que je te transmets. Ils sont pour toi, pour tes fils et pour leurs descendants […]. Tu les inculqueras à tes enfants […]. Lorsque, plus tard, vos fils vous demanderont […] vous leur répondrez […]» (Deutéronome 6.2, 7, 20, 21).

On ne peut pas, bibliquement parlant, minimiser l’importance de la famille dans la rédemption. Comme tout ce qu’il a créé, Dieu a créé la famille pour sa gloire et pour faire connaître sa gloire jusqu’aux extrémités de la terre. Dieu n’a pas choisi de se révéler avec éclat aux générations successives comme il l’a fait pour Moïse. Son plan est que la connaissance de son caractère, de ses œuvres et de sa volonté soient transmises par les parents à leurs enfants. Ce texte place clairement sur les parents la responsabilité de s’assurer que les enfants connaissent et craignent le Seigneur. La Bible prévoit que les parents familiarisent leurs enfants avec la Parole de Dieu, la vie dans la foi, et qu’ils les équipent pour qu’ils puissent servir dans le Royaume. Par conséquent, avant tout autre, c’est aux parents que revient la mission de se consacrer à l’enseignement et à la santé spirituelle de leurs enfants. Pour l’église, ces réflexions doivent avoir des conséquences sur la forme de son engagement envers les enfants :

a) L’église ne doit pas usurper la responsabilité parentale décrétée par Dieu. Elle devrait avoir pour priorité d’équiper, de soutenir et d’encourager les parents dans leur rôle vital auprès de leurs enfants. Dans Deutéronome 4.10, Moïse rappelle au peuple ce que l’Éternel a dit :

« Assemble ce peuple devant moi et je lui communiquerai mes paroles, afin qu’il apprenne à me révérer tous les jours de sa vie sur la terre et qu’il l’enseigne à ses enfants ».

Si les enfants doivent apprendre à « craindre l’Éternel », ce sont d’abord les parents qui doivent l’apprendre. Si les parents doivent enseigner leurs enfants, ce sont d’abord les parents qui doivent être enseignés. Par conséquent, l’une des responsabilités essentielles de l’Église est « d’assembler le peuple » pour l’enseigner à « craindre l’Éternel ».

b) L’église est une communauté de croyants engagée dans l’éducation chrétienne des enfants. Elle doit donc exhorter chacun des membres de sa grande famille à répondre à cet appel et à assumer cette responsabilité. Beaucoup de parents, lorsqu’ils attendent un enfant, prennent le temps de suivre des cours pour être bien équipés le moment venu. Toute une littérature les attend pour les aider à prendre bien soin de leurs enfants et à appréhender chaque stade de leur développement. La société regorge de bons conseils pour élever des enfants sains, physiquement et intellectuellement. Mais c’est à l’église qu’incombe de mettre à disposition les ressources et le soutien nécessaires pour aider les parents à élever des enfants sains spirituellement parlant.

En faisant partie d’une église, les parents se rattachent à un corps et bénéficie d’un réseau de sagesse, de soutien et d’encouragement qui peuvent les aider à affronter leurs responsabilités. Ceci aura d’autant plus d’importance pour les foyers monoparentaux, les couples formés d’« attelages disparates », ou les foyers spirituellement dysfonctionnels, malheureusement si nombreux aujourd’hui. L’Église a une place privilégiée ; elle peut et doit se tenir sur la brèche pour soutenir les enfants et leurs parents qui se trouvent dans ces situations si loin d’être idéales.

c) La diffusion de l’Évangile et l’avenir de l’église sont en jeu. Dans ses dernières instructions à Israël, Moïse exhorte sans relâche le peuple sur la nécessité de l’écouter attentivement et d’enseigner les enfants parce que leur avenir dans le pays en dépend. Moïse les avertit de ce qui arrivera s’ils oublient ses enseignements et se corrompent : « si vous faites cela, vous ne tarderez pas à disparaître du pays dont vous allez prendre possession après avoir traversé le Jourdain, vous n’y subsisterez pas longtemps, car vous serez entièrement détruits. L’Éternel vous dispersera parmi les peuples et vous serez réduits à un petit nombre au milieu des nations chez lesquelles l’Éternel vous forcera à aller » (Deutéronome 4.26-27).

Notre vision de l’éducation chrétienne manque souvent de perspective : Occupons-nous les enfants pendant que les parents ont leur réunion, ou formons-nous les futurs responsables de l’église ? Enseignons-nous aux enfants à obéir à leurs parents et à partager avec leurs frères et sœurs, ou enseignons-nous résolument et systématiquement aux parents l’appel qu’ils ont reçu de Dieu en tant que parents, celui d’apprendre à leurs enfants à craindre l’Éternel et à marcher dans ses voies ? Essayons-nous de faire vivre de belles expériences à nos jeunes disciples pour les aider à construire des relations avec leurs pairs ou posons-nous diligemment dans l’église et dans nos familles les fondements qui traverseront les générations pour les affermir dans leur foi ? Le programme du ministère auprès des enfants et de leurs parents doit être explicite et actif dans sa recherche d’une approche de la génération montante afin de ne pas rester « un petit nombre au milieu des nations ».

 

Quel cadre pour l’enseignement des enfants ?

Deutéronome 6 suggère au moins trois manières de transmettre la crainte de Dieu, l’amour de Dieu et de sa Parole :

« Écoute, Israël, l’Éternel est notre Dieu, il est le seul Éternel. Tu aimeras l’Éternel ton Dieu de tout ton cœur, de toute ton âme et de toute ta force Que ces commandements que je te donne aujourd’hui restent gravés dans ton cœur. Tu les inculqueras à tes enfants et tu en parleras chez toi dans ta maison, et quand tu marcheras sur la route, quand tu te coucheras et quand tu te lèveras. Qu’ils soient attachés comme un signe sur ta main et comme une marque sur ton front. Tu les inscriras sur les poteaux de ta maison et sur les montants de tes portes » (Deutéronome 6.4-9).

 

1. Forme conventionnelle d’enseignement

« Tu les enseigneras avec assiduité »

Dans Romains 10.17, Paul affirme ainsi ce principe : « la foi naît du message que l’on entend, et ce message c’est celui qui s’appuie sur la parole du Christ ». La connaissance de Dieu est si merveilleuse qu’elle produit en nous la foi. Il est impossible d’accepter par la foi ce qui ne nous a pas été préalablement enseigné. Nous ne pouvons pas croire en quelque chose que nous ne connaissons pas, la connaissance précède la foi.

Les enfants ont besoin d’un enseignement déterminé, intentionnel et structuré de la Parole de Dieu. Si notre approche de la Parole de Dieu est mal structurée, ils accumuleront des lacunes dans leurs connaissances, ce qui limitera leur foi en Dieu, ou ils se construiront une fausse conception de Dieu à cause de l’image incomplète qu’ils ont de sa nature. Que ceci nous stimule à faire tout notre possible pour établir un programme structuré et respectueux de la Parole, centré sur Dieu et présentant aux jeunes disciples, sans faire d’impasses, tous ses enseignements. La connaissance de Dieu n’est pas innée. Les enfants ont besoin d’une théologie et d’une doctrine. Ils ont besoin de connaître la Parole de Dieu de manière intime pour être préservé du mensonge et de la foi superficielle.

Plutôt que de répéter sans cesse les mêmes histoires connues, et de faire l’impasse sur une grande partie des Écritures, préférons un programme exhaustif des enseignements de Dieu. Étant donné que la plupart des enfants restent dans le nid familial jusqu’à la fin du lycée, les parents ont le privilège, et la responsabilité, pendant les dix-sept premières années de leur vie, de les mettre journellement (ou presque) devant la Parole de Dieu. Ce temps étant limité, nous le saisirons plus pleinement en utilisant un programme étudié et minutieux. Enseigner pas à pas et de manière structurée la Parole de Dieu au travers d’un programme centré sur Dieu, nous donne l’assurance de présenter exhaustivement les enseignements de Dieu à nos enfants.

Nous devons utiliser un programme conforme au but des Écritures et non des manuels moralisateurs ayant pour objectif de produire de bons comportements chez les enfants par l’enseignement de la Bible. Un enseignement conforme à l’Écriture présente la Bible comme un tout : elle est présentée comme une seule et même histoire de la révélation du caractère de Dieu et du plan de rédemption pour tous les hommes. Le but de l’enseignement biblique est de permettre à chaque enfant de savoir qui est Dieu. L’amour d’un enfant pour Dieu, pour ce qu’il est, produit en lui de bons fruits : l’enfant a envie de plaire à Dieu et de lui ressembler (l’imitation est une belle manière pour eux de louer Dieu).

Comme nous l’avons affirmé précédemment, si l’enseignement n’a pas pour conséquence de faire réagir l’enfant, il est stérile. La connaissance reste au niveau de toute autre information impersonnelle si elle ne change rien dans la vie de l’enfant. Ni parent ni enseignant ne peuvent forcer un enfant à accepter la Parole, mais un bon enseignement l’aidera à établir un lien entre l’Écriture et sa propre vie. L’enfant doit être capable de comprendre quelles sont les implications d’un enseignement biblique sur sa propre vie et quelle réponse Dieu en attend de lui. Parents et enseignants peuvent compter sur le Saint-Esprit pour donner à l’enfant des occasions concrètes de mettre en pratique les enseignements appris et pour lui donner les moyens d’y répondre fidèlement. Quand un enfant répond à la Parole de Dieu, il reçoit dans son cœur la conviction et la confirmation de la réalité de Dieu, il comprend qu’il peut lui faire confiance, et que sa Parole est la vérité.

Nous faisons du tort à nos enfants si, en dehors de notre enseignement formel, nous ne les encourageons pas à mémoriser les Écritures. Mémoriser est facile pour les enfants, et souvent, ce qui est appris dans l’enfance est retenu toute la vie. Tout ce qu’ils auront mémorisé de la Parole sera pour eux comme un conseiller toujours présent, leur apportant la lumière de Dieu sur toutes leurs situations. Elle sera une arme, « plus acérée qu’aucune épée à double tranchant », pour combattre les attaques de l’ennemi et la folie des « sages » de notre temps. Appliquée à la vie de tous les jours, la Parole mémorisée prend vie dans l’esprit de l’enfant, l’incite à y répondre et imprime en lui les enseignements des Écritures.

Si l’on ne fait pas de mémorisation systématique, on risque de ne pas en faire du tout. Il serait bon de mettre en place un programme de mémorisation pour les enfants, dès l’âge de deux ans, afin de les équiper solidement avant qu’ils ne quittent le cocon familial. Peut-être garderont-ils toute leur vie cette habitude de mémoriser les Écritures. Dans toutes les activités d’église, nous devons saisir résolument toutes les occasions d’y inclure un enseignement formel pour les enfants afin qu’elles soient bénéfiques à tous les membres du corps, enfants y compris.

L’enfance, ce sont des années de formation durant lesquelles nous devrions, de manière systématique, apprendre à méditer la Parole, créer une habitude de méditations quotidiennes et apprendre à participer au culte - ceci inclus une écoute assidue et critique de la Parole qui est prêchée. Ce sont des années où nous devrions apprendre à discerner ce qui est vrai de ce qui est faux et à utiliser la Bible comme référence pour tout ce qui touche à notre vie.

 

2. Enseignement informel

« Tu les inculqueras à tes enfants et tu en parleras chez toi dans ta maison, et quand tu marcheras sur la route, quand tu te coucheras et quand tu te lèveras »

Jésus saisissait continuellement des opportunités de transmettre la vérité dans les événements de la vie de tous les jours : Sa rencontre avec la femme adultère lui a donné l’occasion d’enseigner le pardon et le fait que tout homme est pécheur ; sa rencontre avec une femme au puits s’est transformée en leçon sur l’eau vive et la vie éternelle ; les lis des champs illustrèrent sa leçon sur la foi dans la provision constante de Dieu ; les chameaux devinrent des outils pour enseigner le danger des richesses et la nécessité de placer Dieu au-dessus de tout. D’événements ordinaires Jésus a tiré des enseignements qui produisent des fruits pour le Royaume éternel. C’est aussi notre devoir. Les parents et les enseignants qui aiment Dieu et sa Parole vont spontanément en parler en lien avec les circonstances ordinaires de la vie. Les clés d’une bonne transmission sont l’amour de la Parole et, « le bon moment ». Si Jésus a pu enseigner si souvent, c’est parce qu’il a passé beaucoup de temps avec les gens. Il a entraîné les disciples dans son ministère et marché de ville en ville accompagné de beaucoup d’autres personnes.

Il est impossible de trouver « le bon moment » sans être présent au moment où il se présente. Si nous devons enseigner nos « disciples » (nos enfants), nous devons passer du temps avec eux. La qualité du temps passé avec nos enfants est importante, mais la quantité de temps est tout aussi essentielle. Nous ne pouvons pas sacrifier la quantité en présumant que la « qualité » compensera nos négligences. Les familles doivent se réserver des moments calmes pour travailler et jouer ensemble. Elles doivent aussi apprendre à « être ensemble » sans toujours se séparer par tranches d’âge.

L’éducation des enfants se tissent aussi dans la structure de la vie de l’église. Nous devons les inclure dans nos activités - pas toujours, mais souvent. Ils doivent pouvoir exercer un ministère aux côtés de leurs parents ou d’autres adultes. Ils doivent être encouragés à découvrir leurs dons et traités comme des membres à part entière de l’équipe à laquelle il participe (1 Corinthiens 12.12-26). Un enfant peut parfois remplir une fonction inaccessible à un adulte. Les inclure dans la vie d’église permet, non seulement de faire bénéficier la communauté de ce qu’ils ont d’unique, mais aussi de trouver « les bons moments » pour les enseigner.

 

3. Être un modèle

« Qu’ils soient attachés comme un signe sur ta main et comme une marque sur ton front. Tu les inscriras sur les poteaux de ta maison et sur les montants de tes portes »

Quand nous aimons Dieu de tout notre cœur, de toute notre âme et de toute notre force, quand ses paroles sont dans nos cœurs, toutes nos vies sont imprégnées de lui, et sa Parole devient une partie de nous-mêmes. Notre façon d’être parle plus à nos enfants que nos paroles. Tout au long de l’Ancien Testament, Dieu a enseigné Israël au travers de messagers choisis par lui. Mais il a toujours validé ses paroles par son caractère, par sa fidélité envers son peuple choisi, par les châtiments qui l’appelaient à la repentance, par son pardon, par son exemple. Dieu a incarné ses paroles. Le plus beau modèle qu’il nous ait donné de son caractère se trouve en son Fils. « Celui qui est la Parole est devenu homme et il a vécu parmi nous. Nous avons contemplé sa gloire, la gloire du Fils unique envoyé par son Père : plénitude de grâce et de vérité ! » (Jean 1.14). Jésus a vécu parmi nous de manière concrète la compassion du Père en guérissant les malades ; il a été l’exemple même de l’humilité en lavant les pieds de ses disciples (voir Jean 13.14-15) ; il a montré à Gethsémané, la persévérance et l’intensité que peut avoir une relation avec le Père dans la prière.

Nous bénéficions tous de l’exemple de personnes plus mûres que nous dans la foi. Nous devrions donner aux enfants et aux jeunes des occasions de se former au contact de chrétiens plus mûrs qu’eux. Les premiers adultes chrétiens qu’ils rencontrent sont en général au domicile familial. Le ministère auprès des parents et des enfants doit avoir pour objectif d’encourager les parents à passer du temps avec leurs enfants et à entretenir avec soin leur vie de famille, car c’est là que les enfants trouveront leurs modèles les plus déterminants. Notre programme devrait être conçu de manière à confronter les enfants aux grands modèles bibliques, historiques et contemporains de la foi. Il serait bon de concevoir des activités, toutes générations confondues, en faisant en sorte que les jeunes profitent au maximum de l’expérience et de la maturité de ceux qui marchent depuis longtemps avec Dieu et qui ont appris à lui faire confiance dans les bons comme dans les mauvais jours. Nous devrions aussi nous efforcer d’impliquer des responsables aguerris dans le travail parmi les enfants et les jeunes, des responsables affermis dans leur foi qui ont une bonne compréhension du caractère de Dieu. Si les enfants et les jeunes ne sont entourés que par d’autres enfants ou d’autres jeunes, s’ils sont uniquement pris en charge par des jeunes à peine plus âgés qu’eux, il leur manquera toute la richesse qu’une interaction avec des adultes plus mûrs pourrait leur apporter. « Le disciple n’est pas plus grand que son maître; mais tout disciple bien formé sera comme son maître » (Luc 6.40).

S’il est important pour les enfants d’être au contact d’adultes, expérimentés spirituellement, il est aussi important qu’en grandissant dans la foi ils aient à leur tour l’occasion d’encourager les plus petits. Avant de quitter le nid, ils devraient avoir adopté pour eux-mêmes cette volonté de transmettre la foi à leur génération et à la suivante. Le ministère auprès des parents et des enfants devrait se fixer pour objectif de préparer les enfants à assumer ce rôle. Dans ses paroles à Simon Pierre, le commandement de Jésus est clair :

« Simon, fils de Jean, m’aimes-tu plus que ne le font ceux-ci ?
- Oui, Seigneur, répondit-il, tu connais mon amour pour toi.
Jésus lui dit :
- Prends soin de mes agneaux.
Puis il lui demanda une deuxième fois :
- Simon, fils de Jean, m’aimes-tu ?
- Oui, Seigneur, lui répondit Simon. Tu connais mon amour pour toi.
Jésus lui dit :
- Nourris mes brebis.
Jésus lui demanda une troisième fois :
- Simon, fils de Jean, as-tu de l’amour pour moi ?
Pierre fut peiné car c’était la troisième fois que Jésus lui demandait: « As-tu de l’amour pour moi ? »
Il lui répondit :
- Seigneur, tu sais tout, tu sais que j’ai de l’amour pour toi.
Jésus lui dit :
- Prends soin de mes brebis » (Jean 21.15-17).

Si nous aimons Jésus, nous prendrons soins de ses brebis.

 

Implications pour le ministère auprès des parents et des enfants de l’église

1. Il faut instaurer un ministère auprès des parents et des enfants et le soutenir par la prière. Parents, enseignants, anciens et responsables de petits groupes, sont tous encouragés à prier avec sérieux pour les enfants dont ils ont la responsabilité. Nous encourageons les groupes de prière à intercéder pour les couples et les familles de l’église. Ceux qui ont plus particulièrement à cœur de prier pour les enfants peuvent se réunir pour prier spécialement pour les jeunes générations.

2. Les responsables auprès des parents et des enfants doivent accepter que le fait d’encourager la foi des enfants ne se supplée pas à l’appel de Dieu. Nous encourageons donc les parents à rechercher premièrement le Royaume de Dieu, et à lui faire confiance en ce qui concerne la foi de leurs enfants. Soyons attentifs cependant, à ne pas être tellement obnubilés par le bien-être des enfants, que nous en oubliions la mission d’évangélisation confiée par Jésus. Ceci dit, nous soutenons que le zèle pour une éducation fidèle des enfants et le zèle pour l’évangélisation sont complémentaires. C’est pourquoi, nous encourageons les parents à trouver un juste équilibre entre les deux.

3. Ceux qui remplissent un ministère auprès des parents et des enfants ont un rôle de formateur. Comme bibliquement la responsabilité de s’occuper de la foi des enfants est donnée aux parents, il semble judicieux d’encourager les parents à prendre au sérieux leurs responsabilités et de les former afin qu’ils soient efficaces dans l’enseignement de leurs enfants. Le terrain le plus propre à développer la foi chez l’enfant se trouve chez lui, à la maison. Par conséquent, pensons tout d’abord à fortifier les familles. Encourageons (ou même, exhortons fortement) certains parents sur-engagés, trop impliqués ou trop stressés, à se désengager, afin de pouvoir assumer convenablement leurs responsabilités familiales. Encourageons la participation et l’engagement des parents dans le ministère auprès des enfants.

4. Que les responsables du ministère auprès des parents et des enfants incitent les pères à fixer des objectifs centrés sur Dieu, dans leur vie de famille en général et pour leurs enfants en particulier. Si nous relevons l’importance de voir le père et la mère travailler d’un commun accord à l’éducation spirituelle de leurs enfants, il nous faut cependant mettre l’accent sur la responsabilité particulière du père, car c’est Dieu qui l’a instaurée. Le père est le chef spirituel de la famille et, en tant que tel, il a la responsabilité de l’éducation spirituelle de ses enfants.

5. Faisons confiance à Dieu pour qu’il appelle et mandate des enseignants doués pour le ministère auprès des enfants, mais ne présumons pas que toute personne désireuse d’enseigner est prête à le faire. Il nous faut donc donner des outils pour développer les dons des personnes désireuses d’enseigner. Il nous faut apporter une attention toute particulière à leur formation afin qu’elles maîtrisent aussi bien l’utilisation de la Parole de Dieu que la manière d’enseigner à des enfants. Elles seront encouragées à enseigner de manière à susciter une réaction personnelle de la part des enfants, en touchant aussi bien leur cœur que leur tête.

6. Faisons également confiance à Dieu pour appeler des personnes ayant des talents variés : raconter les histoires, diriger la louange, être responsable d’un petit groupe ou tout autre talent essentiel pour répondre à toutes les facettes de ce ministère. Mais efforçons-nous d’équiper chacune des personnes impliquées dans le travail auprès des enfants, avec une connaissance claire des besoins des enfants en fonction de leur âge, un programme de formation, des buts clairs pour l’école du dimanche et une connaissance de la discipline qui y est requise. Chacun sera éprouvé avant de se voir confier des enfants. Tous doivent être encouragés à se préparer en veillant soigneusement sur leur propre cœur et en nourrissant leur propre foi avec application afin d’être des modèles spirituels. 1 Pierre 3.15 dit : « Reconnaissez, dans votre cœur, le Seigneur – c’est-à-dire le Christ – comme le Saint ; si l’on vous demande de justifier votre espérance, soyez toujours prêts à la défendre », et 2 Timothée 4.2 : « pro-clame la Parole, insiste, que l’occasion soit favorable ou non, convaincs, réprimande, encourage par ton enseignement, avec une patience inlassable ».

7. Faisons confiance à Dieu pour appeler de nouveaux responsables dans un ministère à plein temps - ou en tout cas de manière plus développé que le seul monitorat - auprès des parents et des enfants. Notre souhait est qu’on considère l’importance majeure d’un tel appel. Nous inviterons ces responsables à s’engager à étudier la Bible de manière approfondie, à rechercher de tout leur cœur et avec application dans la prière, la meilleure façon de communiquer la Parole de Dieu aux enfants pour qu’elle permette à leur foi de s’éveiller et de grandir.

8. Veillons à créer – ou à choisir – un cursus centré sur Dieu, bien adapté à l’âge des enfants, qui leur permette de grandir dans la foi, et un plan d’enseignement pédagogique de la Bible qui donne aux enfants l’occasion de recevoir, entre la maison et l’école du dimanche, tous les enseignements de la Parole de Dieu. Essayons de tirer profit au maximum des 18 premières années de vie où l’enfant est encore sous contrôle parental.

9. Par la grâce de Dieu, nous insistons pour mettre en place au niveau de l’église toute entière – adultes comme enfants – un programme de mémorisation de la Bible.

10. Parents et enseignants doivent être encouragés et aidés à présenter Jésus aux enfants, tout en reconnaissant que sans naître de nouveau, il est impossible de plaire à Dieu ou de marcher dans la droiture.

11. Apportons un soin particulier à inculquer la droiture à nos enfants. Notre prière est qu’ils s’efforcent d’être un modèle pour les croyants par leurs paroles, leur conduite, leur amour, leur foi et leur pureté (1 Timothée 4.12). Apprenons aux enfants le respect des autorités, la courtoisie, la modestie, la politesse, la maîtrise de soi, la gentillesse, etc. Mettons en place et faisons appliquer des principes et un guide du bon comportement à l’église, et insistons sur le respect et la maîtrise de soi lors des réunions d’église - sujet qui, nous l’espérons, sera renforcé par les parents à la maison. Recherchons des outils, pour les parents et pour les enseignants, pour qu’ils sachent comment dispenser un apprentissage de la droiture et corriger les comportements inadaptés.

12. Efforçons-nous de proposer aux enfants des activités saines et de leur donner des modèles spirituels qui les exhortent à vivre leur foi sans se conformer au monde. Rappelons-leur que nous sommes « étrangers » et « exilés » ici-bas, et cherchons des outils pour contrecarrer l’invasion de la laïcité, du matérialisme et de l’indifférence. Encourageons-les à vivre en disciples de Jésus. Efforçons-nous de leur présenter ce qu’il y a de meilleur, et faisons tous nos efforts pour les encourager à rester droits.

13. Des efforts considérables doivent être faits pour impliquer les enfants dans la vie de l’Église. Nous désirons qu’on les considère comme des membres à part entière du corps de Christ, même si nous reconnaissons qu’à cause de leur immaturité dans la foi, il nous faut être prudents quant à la manière d’encourager leur engagement. Cherchons à discerner leurs dons, ceux qui pourraient être utilisés de manière appropriée dans le cadre de l’église – ou à l’extérieur de l’église – pour le bien de tous et l’édification de leur propre foi. Encourageons aussi les enfants à participer à la mission locale et à la mission mondiale ; ils découvriront ainsi qu’ils ont leur rôle à jouer dans le partage de la foi et ils feront grandir en eux une passion pour la prééminence de Dieu en toute chose et pour la joie de tous les peuples.

14. Les responsables auprès des parents et des enfants ne doivent pas hésiter à entraîner les enfants dans des expériences qui les feront grandir dans la foi. Nous savons que « la mise à l’épreuve de [la] foi produit l’endurance » (Jacques 1.3), et que, pour que Dieu devienne une réalité dans leur vie, les enfants ont besoin de voir sa fidélité. Encourager les parents et les enfants à sortir de leur zone de confort pour Dieu, fortifiera leur foi et leur permettra de combattre les sirènes du monde qui idéalisent la recherche du bien-être et méprisent la croissance spirituelle.

15. Les responsables auprès des parents et des enfants encourageront les membres du corps de Christ à prendre soin les uns des autres en entretenant des relations fondées sur l’amour. Pour le bien de tous, encourageons les rassemblements intergénérationnels, et encourageons les familles à inclure dans leurs activités, les célibataires, les personnes âgées et toute autre personne isolée.

16. Dans le cadre de ce ministère auprès des parents et des enfants n’oublions pas les besoins des enfants et des parents qui se trouvent en dehors des murs de notre église, et particulièrement ceux qui n’ont pas la foi. Petits groupes, familles, pasteurs, anciens, tous sont invités à s’investir dans le ministère auprès des enfants et des parents qui n’appartiennent pas à l’Église. Cherchons à équiper les membres d’église en vue d’un ministère efficace et à leur fournir les ressources nécessaires.

Même si vous trouvez qu’il n’y a actuellement que trop peu d’activités, de ressources ou de personnel disponibles pour les enfants de votre église, ils reçoivent néanmoins beaucoup plus spirituellement que bien des enfants de votre voisinage ou du reste du monde. C’est pourquoi, les responsables auprès des parents et des enfants se fixeront pour objectif de franchir les murs de l’église, pour toucher les parents et les enfants non-atteints du voisinage.

17. Notre volonté est d’accueillir les enfants qui ont des besoins spécifiques (ainsi que leurs familles) au sein de notre communauté. Nous voulons nous efforcer de leur enseigner, que ce soit par des mots ou par notre attitude, qu’ils sont, comme tous les autres enfants, créés par Dieu à son image et pour sa gloire. Cherchons, de manière créative, à les équiper spirituellement et à leur donner des occasions où ils pourront mettre leurs dons au service de la communauté. Cela fera leur joie et édifiera l’église.

18. Les responsables auprès des parents et des enfants ont pour mission de veiller à maintenir le zèle et la fidélité dans tous nos efforts et de veiller à ce que nous restions centrés sur Dieu dans tous nos enseignements. Prenons pour objectif de glorifier le Seigneur en créant des ministères spécifiquement dirigés vers les enfants et les familles, afin de donner à nos communautés des exemples d’équipes constituées de membres aux rôles complémentaires qui marchent selon les enseignements bibliques. Notre désir est que ses membres soient des exemples vivants qui prennent soin de la foi de leurs enfants, les disciplinent de manière ferme et aimante, et leur enseignent la droiture. Fixons-nous pour règle de prier régulièrement pour les familles de l’église, et de nous investir – selon les dons que nous avons reçus – dans la transmission d’une passion pour la prééminence de Dieu en toute chose et pour la joie de tous les peuples.

 

N.B. 1. Cette philosophie vient de l’église de Bethlehem à Minneapolis, USA, où John Piper, théologien et auteur, y exerce un ministère pastoral.
N.B. 2. Citations bibliques extraites de la Bible du Semeur. Texte copyright © 2000, Société Biblique Internationale.